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Vitrine des compositeurs

John Weinzweig: Biographie

John Weinzweig
1913 - 2006
Région: Ontario

John Weinzweig

John Weinzweig (1913-2006) est né à Toronto le 11 mars 1913. Il rappelle ses débuts chaotiques dans ces termes : «De 14 à 19 ans, j’ai étudié le piano, la mandoline, le tuba, la contrebasse, le saxophone ténor et l’harmonie. J’ai joué et dirigé des orchestres scolaires, des orchestres de danse, j’ai joué à des mariages, dans des wigwams et sur des plates-formes de camions en campagne électorale, pour des cachets allant de deux dollars à un sourire. J’ai joué Pirates of Penzance, Poet and Peasant, le Danube bleu, le St. Louis Blues, les Rhapsodies hongroises de Liszt, les Valses de Chopin et Tiger Rag. À 19 ans, je suis devenu sérieux et j’ai décidé de devenir compositeur.»

John Weinzweig poursuit ses études musicales à l’Université de Toronto (1934-1937), où il fonde et dirige l’Orchestre symphonique de l’université pendant qu’il est encore aux études. À l’invitation de Howard Hanson, il s’inscrit au programme de maîtrise de la Eastman School of Music à Rochester, dans l’État de New York, où il reçoit ses premiers cours formels de composition auprès de Bernard Rogers. À Eastman, il découvre par lui-même la musique d’Alban Berg et le dodécaphonisme, qui devait exercer une influence durable sur sa pensée créatrice. John Weinzweig est considéré comme le premier compositeur à avoir fait usage de cette technique au Canada.

De retour à Toronto à l’automne 1938, il est confronté aux difficultés que présente la carrière de compositeur, ainsi qu’aux réactions hostiles des musiciens autant que du public à l’endroit de sa musique. En 1941, la SRC lui demande de composer la première bande sonore musicale pour des pièces de théâtre radiophoniques et, l’année suivante, il signe sa première trame sonore pour l’Office national du film du Canada. Ces expériences lui fournissent une occasion unique et très précieuse d’appliquer ses notions contemporaines à un média plutôt porté sur les fonds sonores conservateurs.

À l’invitation de Sir Ernest MacMillan, il devient professeur de composition et d’orchestration au Royal Conservatory of Music en 1939, puis, en 1952, professeur à l’Université de Toronto où il met sur pied le département de composition, dont le programme se rend jusqu’aux études supérieures. Lorsqu’il prend sa retraite de l’université en 1978, on lui décerne le titre de professeur émérite. Parmi ses nombreux élèves de talent, citons : Harry Somers, Harry Freedman, Murray Adaskin et Phil Nimmons (années 1940); R. Murray Schafer, Norma Beecroft, Gustav Ciamaga et John Beckwith (années 1950); Brian Cherney, Paul Pedersen, Robert Aitken et John Rea (années 1960); David Jaeger, Kristi Allik, Peter Paul Koprowski et Tomas Dusatko (années 1970).

En 1951, inquiets des lacunes touchant la publication et l’exécution des œuvres d’envergure, John Weinzweig et plusieurs de ses anciens élèves donnent un cadre officiel à leurs idéaux en fondant la Ligue des compositeurs canadiens (appelée à l’époque Ligue canadienne de compositeurs). À titre de premier président de la Ligue, Weinzweig se lance dans une nouvelle carrière, celle de la défense des intérêts des compositeurs. Pendant de nombreuses années, il siègera au conseil d’administration de l’Association des compositeurs, auteurs et éditeurs du Canada (CAPAC), y compris à titre de président de 1973 à 1975, puis au conseil de la SOCAN, société de droits d’exécution née de la fusion de la CAPAC et de la SDE. Il fut aussi l’une des personnes à l’origine de la création du Centre de musique canadienne en 1959, ainsi que le président de la Conférence internationale des compositeurs en 1960.

Dans l’Encyclopédie de la musique au Canada, on peut lire que la musique de John Weinzweig se caractérise ainsi : «clarté de la texture, économie du matériau, énergie rythmique, organisation motivique serrée». La série de Divertimenti est particulièrement remarquable. Après le succès de son Divertimento No. 1 pour flûte et cordes, il décide d’appliquer le concept d’une forme proche du concerto, enlevée et rythmée, à des instruments à vent solistes tels le hautbois, le basson, le saxophone, le tuba et, pour terminer, le cor anglais. Le Harp Concerto (1967) ainsi que 15 Pieces for Harp (1983) constituent des ajouts de distinction au répertoire contemporain pour la harpe et ont valu au compositeur d’être nommé membre honoraire de l’American Harp Society en 1984. Après avoir composé dans une grande variété de genres, allant de l’orchestre à l’instrument en solo, des bandes sonores pour le cinéma à la musique chorale, Weinzweig a voulu ensuite exploiter les sons du discours parlé et réagir aux événements de la vie de tous les jours. Trialogue (1971) et, plus récemment, Prime Time (1991) sont des excursions dans l’univers du théâtre musical.

Richard Henninger écrivait au sujet de John Weinzweig en 1973, à l’occasion de son 60e anniversaire : «Maintenant que les principales techniques d’écriture du vingtième siècle sont tenues pour acquises dans le milieu de la composition au Canada, nous pouvons faire un retour sur le passé et constater que, plus qu’à tout autre musicien, c’est à John Weinzweig que nous devons de les avoir fait connaître. Dans sa propre musique, au début des années 1940, Weinzweig nous a ouvert la voie en exposant le public de la radio et des salles de concert à des sons inspirés de Berg et de Stravinski, à une époque où il était évident que ces sonorités allaient se heurter à une forte résistance. En familiarisant quelques collègues et étudiants intéressés aux techniques de composition contemporaines, il a donné naissance à un petit groupe de compositeurs qui partageaient sa philosophie, à qui nous devons la variété et la qualité de la musique canadienne d’aujourd’hui.»

Les CD Centredisques présentant des œuvres de John Weinzweig sont Crossroads (CMCCD 4392), Private Collection (CMCCD 0582) et Weinzweig in Concert (CMCCD 5295).

2002

CAPAC, Ligue des compositeurs canadiens

Musiflots

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